Baromètre des taux immobiliers

Arsalain EL KESSIR

Taux immobilier 2026

Durée du prêtTaux moyenVotre taux
7 ans 2,8 %

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10 ans 2,97 %

Je compare

15 ans 3,24 %

Je compare

20 ans 3,39 %

Je compare

25 ans 3,45 %

Je compare

Qu'est-ce qu'un baromètre des taux immobiliers et comment est-il constitué ?

Le baromètre des taux immobiliers est un outil d'analyse et de synthèse qui permet de suivre en temps réel les conditions d'emprunt pratiquées sur le marché national et régional. Pour un emprunteur, il fait office de boussole financière, offrant une vision claire du taux de prêt immobilier moyen auquel il peut prétendre en fonction de la durée de son emprunt. Cet instrument est indispensable pour évaluer la faisabilité d'un projet d'achat, car il compile les données issues des grilles tarifaires de nombreux établissements prêteurs. En observant les fluctuations de ce baromètre, les futurs propriétaires peuvent identifier les périodes propices pour solliciter un crédit ou renégocier une dette existante.

La collecte des données auprès des établissements prêteurs

La constitution d'un baromètre fiable repose sur une collecte massive et systématique des barèmes bancaires. Chaque banque, qu'elle soit mutualiste ou nationale, édite régulièrement des grilles internes définissant le taux d'intérêt qu'elle applique à ses clients. Ces grilles sont segmentées par durée (souvent 7, 10, 15, 20 et 25 ans) et par qualité de profil. Pour établir un baromètre représentatif, les analystes agrègent ces informations pour calculer des moyennes. Il ne s'agit pas seulement de noter les taux affichés, mais de prendre en compte les taux réellement obtenus par les emprunteurs lors de la signature de leurs offres de prêt. Cette distinction est cruciale car elle reflète la réalité du marché au-delà des simples effets d'annonce publicitaires.

La segmentation par durée d'emprunt et qualité de profil

Un baromètre des taux immobiliers n'affiche jamais un chiffre unique. Pour être précis, il doit distinguer plusieurs catégories. La durée du crédit est le premier facteur de différenciation : un taux de prêt immobilier sur 15 ans sera mécaniquement plus bas que sur 25 ans, en raison du risque moindre pour la banque. Ensuite, le baromètre segmente généralement les résultats en trois niveaux : les taux "moyens", les taux "bons" et les taux "excellents". Ces derniers sont réservés aux dossiers présentant des garanties solides, comme un apport personnel conséquent ou des revenus élevés. Cette structure permet à chaque utilisateur de se positionner précisément dans le paysage bancaire et d'ajuster ses attentes en fonction de sa situation personnelle.

L'actualisation régulière pour refléter la dynamique du marché

La valeur d'un baromètre réside dans sa fraîcheur. Le marché du crédit immobilier est par nature mouvant, influencé par des décisions monétaires et une concurrence interbancaire féroce. Une actualisation mensuelle, voire hebdomadaire en période de forte volatilité, est nécessaire pour que l'outil conserve sa pertinence. Cette mise à jour permet d'observer les tendances : une courbe ascendante signalera un resserrement du crédit, tandis qu'une courbe descendante indiquera une fenêtre d'opportunité. En intégrant les variations du taux d'intérêt de référence, le baromètre devient un indicateur avancé de la santé du secteur immobilier, influençant directement le pouvoir d'achat des ménages et le volume des transactions à l'échelle nationale.

Comment sont fixés les taux de crédit par les établissements bancaires ?

La fixation d'un taux de prêt immobilier par une banque n'est pas le fruit du hasard, mais le résultat d'une équation complexe mêlant coûts internes, gestion des risques et objectifs commerciaux. Chaque établissement dispose de sa propre cuisine interne, ce qui explique les disparités que l'on peut observer dans un baromètre d'une enseigne à l'autre. Comprendre ces mécanismes permet de mieux saisir pourquoi le taux d'intérêt proposé peut varier significativement selon le moment et l'interlocuteur.

Le coût de la ressource et le refinancement bancaire

Pour prêter de l'argent, la banque doit elle-même se financer. Le premier composant du taux client est le coût auquel la banque achète l'argent sur les marchés financiers ou le rémunère auprès de ses déposants. Si les banques centrales augmentent leurs taux, le coût de la ressource grimpe, ce qui se répercute inévitablement sur le taux de prêt immobilier final. À cela s'ajoute la marge de transformation : la banque emprunte souvent à court terme pour prêter à long terme, ce qui génère un coût lié à la gestion du risque de taux. Ce socle financier est la base incompressible sur laquelle viennent se greffer les autres éléments de tarification.

L'évaluation du risque de défaut de l'emprunteur

Le risque est un élément central du taux d'intérêt. Plus la banque estime que la probabilité d'un incident de paiement est élevée, plus elle aura tendance à augmenter le taux pour compenser ce danger potentiel. Cette évaluation repose sur l'analyse de la solvabilité, de la stabilité professionnelle et du comportement bancaire du demandeur. Un emprunteur avec une gestion rigoureuse et une épargne résiduelle après projet obtiendra un taux plus proche du plancher du baromètre. Les banques intègrent également dans leur calcul le coût des garanties et les éventuelles pertes en cas de revente forcée du bien, ce qui influe directement sur le prix du crédit.

La stratégie commerciale et la conquête de nouveaux clients

Enfin, le taux de prêt immobilier est un puissant levier marketing. Le crédit immobilier est considéré comme un "produit d'appel" par les banques traditionnelles. L'objectif est de capter un client sur le long terme pour lui vendre ensuite d'autres services (assurance, cartes bancaires, épargne). Ainsi, une banque peut décider de réduire sa marge au minimum, voire de prêter à prix coûtant, pour attirer des profils jugés stratégiques ou pour atteindre ses objectifs de fin d'année. Cette politique commerciale explique pourquoi, à profil égal, un baromètre peut afficher des variations importantes selon les périodes et les appétits des banques pour de nouveaux dossiers.

Les facteurs macro-économiques qui font varier les taux : OAT 10 ans et décisions de la BCE

Si les banques sont libres de fixer leurs tarifs, elles évoluent dans un cadre macro-économique global qui dicte la tendance de fond. Deux indicateurs majeurs influencent directement le taux d'intérêt pratiqué pour le crédit immobilier : les taux directeurs de la Banque Centrale Européenne (BCE) et le rendement de l'OAT 10 ans.

Le rôle pivot de la Banque Centrale Européenne (BCE)

La BCE a pour mission principale de maintenir la stabilité des prix dans la zone euro. Pour ce faire, elle utilise ses taux directeurs. Lorsqu'elle augmente ses taux pour lutter contre l'inflation, elle renchérit le coût de l'argent pour les banques commerciales. Par effet de ruissellement, ces dernières augmentent le taux de prêt immobilier accordé aux particuliers. À l'inverse, une politique monétaire accommodante avec des taux bas vise à stimuler l'économie en facilitant l'accès au crédit. Les annonces de la BCE sont donc scrutées par tous les analystes du baromètre, car elles donnent le ton de l'évolution du marché sur les mois à venir.

L'OAT 10 ans : l'indice de référence du crédit immobilier

L'Obligation Assimilable du Trésor à 10 ans (OAT 10 ans) représente le taux auquel l'État français emprunte sur une durée de dix ans. C'est l'indice de référence pour les banques lorsqu'elles fixent le taux d'intérêt fixe d'un prêt immobilier. Pourquoi 10 ans ? Parce que c'est la durée de vie moyenne réelle d'un crédit avant d'être remboursé par anticipation (vente du bien, renégociation). Il existe une corrélation quasi directe entre la courbe de l'OAT 10 ans et celle des taux immobiliers. Si le rendement des obligations d'État monte, les banques doivent relever leurs barèmes pour préserver leur rentabilité par rapport à un placement jugé sans risque.

L'inflation et les anticipations de marché

L'inflation est le moteur sous-jacent de ces variations. Une inflation élevée érode la valeur de l'argent dans le temps, ce qui pousse les prêteurs à exiger un taux d'intérêt plus élevé pour compenser cette perte de pouvoir d'achat. Les marchés financiers vivent d'anticipations : si les investisseurs prévoient une accélération de l'inflation, les taux longs comme l'OAT 10 ans monteront avant même que les banques centrales n'agissent. Cette dynamique explique pourquoi le taux de prêt immobilier peut commencer à fluctuer sur le baromètre suite à des indicateurs économiques globaux, même en l'absence de changement immédiat de politique monétaire officielle.

Pourquoi les taux immobiliers varient-ils selon votre région ?

Il est fréquent d'observer sur un baromètre que le taux de prêt immobilier n'est pas identique à Paris, à Lyon ou à Bordeaux. Cette disparité géographique s'explique par l'organisation même du système bancaire français, très ancré dans les territoires, et par les spécificités des marchés immobiliers locaux.

L'autonomie des caisses régionales et la concurrence locale

Une grande partie du réseau bancaire français est composée de banques mutualistes organisées en caisses régionales autonomes. Chaque caisse dispose de ses propres fonds, de ses propres objectifs de croissance et de sa propre politique de risque. Ainsi, une caisse régionale en Bretagne peut avoir un besoin de conquête de clients plus marqué qu'une caisse en Provence, ce qui la poussera à proposer un taux d'intérêt plus attractif. La densité bancaire dans une zone géographique joue aussi un rôle : plus la concurrence entre les enseignes est forte dans une ville, plus les taux tendent à se niveler par le bas pour attirer les dossiers de qualité.

Le dynamisme du marché immobilier local

La santé du marché immobilier d'une région influence la perception du risque par la banque. Dans une zone "tendue" où la demande est très supérieure à l'offre (comme l'Île-de-France ou le littoral atlantique), la banque estime que le bien immobilier constitue une excellente garantie. En cas de défaut de paiement, la revente sera rapide et sécurisée. Cette confiance peut se traduire par un taux de prêt immobilier plus avantageux. À l'inverse, dans des zones rurales ou économiquement fragiles, la banque peut appliquer une légère prime de risque pour compenser une liquidité immobilière moindre, ce qui impacte le taux d'intérêt affiché sur le baromètre local.

Le niveau de revenus et le profil type des emprunteurs régionaux

Les banques adaptent également leurs barèmes en fonction du tissu socio-économique local. Les régions qui concentrent des cadres supérieurs et des hauts revenus voient souvent des taux de prêt immobilier plus bas car les banques se battent pour capter ces profils à fort potentiel de multi-équipement. Le baromètre régional reflète donc, en creux, la richesse relative et la stabilité de l'emploi d'une zone géographique. Cependant, il est important de noter que ces écarts restent souvent contenus dans une fourchette de 0,10 % à 0,30 %, mais sur un emprunt de plusieurs centaines de milliers d'euros, cette différence peut représenter une économie substantielle.

Les critères personnels qui influencent votre taux : apport, revenus et profil "emprunteur"

Si le baromètre donne une tendance générale, le taux de prêt immobilier qui vous sera proposé in fine dépendra de votre "score" personnel auprès de la banque. Chaque dossier est unique et certains leviers permettent de faire baisser significativement le taux d'intérêt contractuel.

Critère personnelImpact sur le taux d'intérêtObjectif visé par la banque
Apport personnel Très fort Couvrir les frais annexes et réduire le risque de perte.
Niveau de revenus Fort Assurer la capacité de remboursement et le potentiel d'épargne.
Gestion des comptes Modéré Vérifier la fiabilité et le sérieux du profil.
Situation professionnelle Fort Garantir la pérennité des revenus sur le long terme.

L'importance cruciale de l'apport personnel

L'apport personnel est souvent le premier critère pour décrocher un taux de prêt immobilier d'excellence. En finançant par vous-même les frais de notaire et une partie du prix du bien (idéalement 10 % à 20 %), vous réduisez le montant global emprunté par rapport à la valeur du bien (le ratio Loan-to-Value). Pour la banque, c'est un gage de sécurité majeur : en cas de baisse des prix de l'immobilier, elle est certaine de récupérer son capital. Un apport solide est le meilleur argument pour négocier un taux d'intérêt situé dans la tranche basse du baromètre.

La stabilité professionnelle et la pérennité des revenus

Les banques ont une aversion naturelle pour le risque. Elles privilégient donc les emprunteurs bénéficiant d'un contrat à durée indéterminée (CDI), de la fonction publique ou d'un statut d'indépendant avec plusieurs années d'activité stable. La régularité des revenus rassure sur la capacité à honorer les mensualités sur 20 ou 25 ans. Un profil "serein" avec un reste à vivre confortable après le paiement de l'échéance se verra proposer un taux de prêt immobilier plus attractif, car la banque considère que la probabilité de sinistre est quasiment nulle.

Le comportement bancaire et l'absence de découverts

Au-delà des chiffres bruts, la banque analyse votre comportement financier sur les derniers mois. L'absence de découverts, de rejets de prélèvements ou de crédits à la consommation trop nombreux est un indicateur de fiabilité. Une gestion saine montre que vous êtes capable de gérer votre budget. Ce facteur peut paraître secondaire, mais il est déterminant pour obtenir une dérogation et accéder au meilleur taux d'intérêt possible. Un emprunteur qui épargne chaque mois est perçu comme un client futur de valeur, ce qui incite l'établissement à faire un effort sur le coût du crédit pour l'attirer.

Baromètre des banques traditionnelles vs banques en ligne : qui propose les meilleurs taux ?

Le marché du crédit s'est diversifié avec l'émergence des acteurs numériques. Le choix entre une enseigne classique avec pignon sur rue et une banque 100 % digitale peut influencer le taux de prêt immobilier mais aussi les frais annexes qui composent le coût total de l'opération.

Type d'établissementAvantages sur le tauxPoints de vigilance
Banque traditionnelle Négociation personnalisée, taux d'appel bas pour les bons profils. Frais de dossier souvent plus élevés, obligation de domiciliation.
Banque en ligne Transparence, absence de frais de dossier, taux très compétitifs. Critères d'acceptation souvent plus stricts, moins de flexibilité.

La transparence et la simplicité des banques en ligne

Les banques en ligne affichent souvent des taux d'intérêt très agressifs dès le départ. Leur structure de coûts réduite (pas d'agences physiques, moins de personnel) leur permet de proposer des offres simplifiées, sans frais de dossier et parfois sans frais de remboursement anticipé. Leur baromètre est souvent plus lisible car moins sujet à la négociation de gré à gré. C'est une excellente option pour les profils "sans histoire" (CDI, apport correct) qui recherchent un taux de prêt immobilier compétitif avec un parcours de souscription rapide et dématérialisé.

La puissance de la négociation globale en agence classique

Les banques traditionnelles conservent un avantage : la capacité d'adaptation. Un conseiller en agence a le pouvoir de solliciter sa direction pour obtenir une baisse exceptionnelle du taux d'intérêt afin de s'aligner sur la concurrence ou pour capter un dossier à haut potentiel. De plus, la banque traditionnelle peut proposer des montages complexes (prêts lissés, prêts gigognes) que les algorithmes des banques en ligne ne traitent pas toujours. Le taux de prêt immobilier y est une base de départ qui peut être revue à la baisse si vous acceptez de souscrire d'autres produits financiers au sein de l'établissement.

L'importance de comparer le TAEG plutôt que le taux nominal

Quel que soit l'acteur choisi, le baromètre ne doit pas faire oublier que le taux nominal n'est qu'une partie du problème. Les banques en ligne sont souvent imbattables sur les frais annexes, ce qui fait baisser le Taux Annuel Effectif Global (TAEG). À l'inverse, une banque classique peut proposer un taux d'intérêt facialement plus bas, mais se rattraper sur une assurance emprunteur onéreuse ou des frais de tenue de compte. Il est donc indispensable d'utiliser le baromètre comme un indicateur, tout en demandant une simulation complète pour comparer le coût réel de l'argent sur toute la durée du prêt.

L'évolution historique des taux de prêt immobilier : comprendre les tendances du marché

Prendre du recul sur l'histoire du crédit permet de relativiser les chiffres actuels du baromètre. Le taux de prêt immobilier a connu des cycles très contrastés au cours des dernières décennies, passant de niveaux à deux chiffres à des planchers historiques proches de zéro.

Période historiqueTendance des taux (moyenne 20 ans)Contexte économique
Années 80 10 % - 15 % Inflation très forte, crise pétrolière.
Années 2000 4 % - 5 % Mise en place de l'Euro, inflation maîtrisée.
2016 - 2021 1 % - 1,5 % Politique de "taux bas" de la BCE pour stimuler l'économie.
Période récente En hausse Retour de l'inflation, normalisation monétaire.

Le choc des années 80 et la lente décrue

Il est difficile d'imaginer aujourd'hui qu'un taux d'intérêt immobilier a pu dépasser les 12 %. Dans les années 80, l'inflation galopante obligeait les autorités monétaires à maintenir des taux très élevés. Le crédit était rare et cher. À partir des années 90, la construction de la zone euro et la convergence des économies européennes ont entamé une décrue durable. Le taux de prêt immobilier est devenu plus accessible, ouvrant la voie à une démocratisation de l'accession à la propriété. Cette perspective historique montre que le marché est cyclique et que les périodes de taux bas ne sont pas une norme éternelle.

L'anomalie des taux planchers (2019-2021)

La période récente a été marquée par une situation exceptionnelle où le taux d'intérêt était parfois inférieur à l'inflation. Les banques centrales ont inondé le marché de liquidités pour soutenir la croissance. On a vu des taux de prêt immobilier sur 20 ans descendre sous la barre symbolique de 1 %. Cette période a provoqué une effervescence immobilière et une hausse des prix, car la solvabilité des ménages était artificiellement gonflée par le coût dérisoire du crédit. Le baromètre affichait alors des records de baisse, rendant l'investissement immobilier extrêmement attractif pour tous les profils.

Le retour à la normale et l'adaptation des emprunteurs

La remontée des taux observée plus récemment marque la fin d'une ère de gratuité relative. Ce n'est pas tant une crise qu'un retour vers des moyennes historiques plus classiques. Le taux de prêt immobilier se réaligne sur la réalité des marchés financiers. Pour l'emprunteur, cela signifie qu'il faut accorder plus d'importance à la négociation et à la structure du dossier. Le baromètre devient alors un outil de veille indispensable pour ne pas rater les paliers de stabilisation. L'histoire nous enseigne que même avec un taux d'intérêt modéré (autour de 3 ou 4 %), l'immobilier reste un placement protecteur, à condition d'adapter sa stratégie d'achat.

Comment utiliser un baromètre pour négocier le meilleur taux avec son banquier ?

Le baromètre n'est pas seulement un outil informatif, c'est une arme de négociation massive. Arriver devant un conseiller bancaire avec une connaissance précise du taux de prêt immobilier actuel change radicalement le rapport de force et permet d'obtenir des conditions plus favorables.

Se positionner par rapport à la moyenne du marché

Avant votre rendez-vous, étudiez le baromètre pour connaître le taux moyen pratiqué pour votre durée d'emprunt. Si votre banquier vous annonce un taux d'intérêt nettement supérieur à la moyenne alors que votre dossier est solide, vous avez un levier immédiat pour contester. Vous pouvez citer les chiffres du marché pour montrer que vous êtes un emprunteur averti. Le simple fait de montrer que vous connaissez la valeur réelle du taux de prêt immobilier du moment incite souvent le conseiller à sortir sa "meilleure grille" dès le premier entretien pour éviter que vous ne partiez voir ailleurs.

Utiliser la concurrence régionale comme levier

Si le baromètre régional montre que les départements limitrophes proposent des conditions meilleures, mentionnez-le. Les banques ont des objectifs territoriaux. En indiquant que vous avez consulté les tendances d'autres établissements ou que le baromètre indique une agressivité commerciale de certaines enseignes, vous poussez votre interlocuteur à faire un effort sur son taux d'intérêt. La peur de perdre un client de qualité au profit d'un concurrent direct est le moteur le plus puissant de la négociation bancaire. Le baromètre vous sert de preuve que des offres meilleures existent sur le marché.

Négocier les "à-côtés" quand le taux est bloqué

Parfois, le banquier ne peut pas descendre en dessous d'un certain taux de prêt immobilier pour des raisons réglementaires ou de rentabilité interne. Dans ce cas, utilisez le baromètre pour négocier les frais annexes. Si le taux proposé est dans la moyenne haute, exigez en contrepartie la suppression des frais de dossier ou une réduction sur l'assurance emprunteur. L'objectif est de s'approcher du coût global que le baromètre laisse espérer pour un profil comme le vôtre. Un bon taux d'intérêt est important, mais la flexibilité contractuelle (modulation des échéances, report de mensualités) obtenue grâce à une négociation serrée peut valoir bien plus sur 20 ans.

L'impact du taux d'usure sur l'actualisation des baromètres bancaires

Le taux de prêt immobilier est encadré par une limite légale : le taux d'usure. Ce plafond, fixé par la Banque de France, définit le taux maximal "tout compris" (TAEG) au-dessus duquel une banque n'a pas le droit de prêter. Cet indicateur a un impact direct sur la lisibilité des baromètres.

Le mécanisme de protection contre l'usure

Le taux d'usure est conçu pour protéger les emprunteurs contre des conditions abusives. Il est calculé à partir de la moyenne des taux d'intérêt pratiqués lors du trimestre précédent, majorée d'un tiers. Lorsque les taux de marché montent très vite, le taux d'usure peut agir comme un plafond de verre. Les banques ne peuvent plus relever leur taux de prêt immobilier même si leur coût de refinancement augmente, car elles dépasseraient le seuil légal une fois l'assurance et les frais inclus. Cela crée parfois des anomalies sur le baromètre où les taux semblent stagner malgré une tension sur les marchés.

L'effet "ciseau" et le blocage temporaire du crédit

On parle d'effet ciseau quand le taux d'intérêt que les banques devraient appliquer pour être rentables rencontre le taux d'usure qui les en empêche. Dans cette situation, le baromètre peut afficher des taux très bas, mais la réalité est que de nombreux dossiers sont refusés. Les banques ferment le robinet du crédit en attendant la réactualisation du taux d'usure. Pour l'emprunteur, il faut donc surveiller non seulement le taux de prêt immobilier nominal, mais aussi la marge disponible sous le taux d'usure pour s'assurer que son projet est finançable au moment du dépôt du dossier.

Une actualisation plus fréquente pour fluidifier le marché

Afin d'éviter ces blocages, la Banque de France a parfois recours à une actualisation mensuelle (au lieu de trimestrielle) du taux d'usure. Cette mesure permet au baromètre de suivre plus fidèlement la réalité économique. Pour le futur propriétaire, cela signifie que le taux d'intérêt peut grimper plus régulièrement mais que l'accès au crédit reste ouvert. Le baromètre devient alors un indicateur de fluidité : quand l'écart entre le taux de prêt immobilier moyen et le taux d'usure est suffisant, les banques sont plus enclines à accepter des dossiers variés, favorisant ainsi la dynamique du secteur immobilier.

FAQ - Baromètre des taux immobiliers

À quelle fréquence le baromètre des taux immobiliers est-il mis à jour ?

La plupart des baromètres de référence sont actualisés chaque mois, car les banques éditent généralement leurs nouvelles grilles tarifaires en début de mois. Cependant, en période de forte instabilité du taux d'intérêt, certains indicateurs peuvent être mis à jour de manière hebdomadaire pour refléter au plus près les conditions réelles de marché.

Pourquoi y a-t-il des différences entre les baromètres de différents sites ?

Chaque baromètre utilise ses propres sources de données. Certains se basent sur les barèmes officiels envoyés par les banques, tandis que d'autres compilent les offres réelles reçues par les emprunteurs. La méthodologie de calcul (moyenne simple ou pondérée par le volume) peut également faire varier le taux de prêt immobilier affiché de quelques centièmes de point.

Le baromètre indique-t-il le taux nominal ou le TAEG ?

Le baromètre affiche généralement le taux nominal fixe hors assurance. C'est la base de calcul des intérêts du crédit. Pour connaître le coût réel, il faut y ajouter les frais de dossier, les frais de garantie et surtout l'assurance emprunteur, ce qui constitue le TAEG. Le taux d'intérêt final sera donc toujours supérieur au taux affiché sur le baromètre.

Est-il possible d'obtenir un taux inférieur à celui affiché sur le baromètre ?

Oui, c'est tout à fait possible. Le baromètre donne des moyennes. Si vous présentez un profil exceptionnel (revenus très élevés, apport supérieur à 30 %, épargne de précaution), les banques peuvent vous accorder un taux de prêt immobilier "hors grille" pour vous attirer. Le baromètre doit être vu comme une base de négociation et non comme un plafond.

Le baromètre prend-il en compte les prêts aidés comme le PTZ ?

En général, non. Le baromètre se concentre sur les prêts classiques du secteur libre. Les prêts aidés comme le Prêt à Taux Zéro (PTZ) ont un taux d'intérêt nul par définition et dépendent de critères d'éligibilité légaux. Cependant, le baromètre est utile pour calculer le coût de la partie complémentaire de votre financement, qui sera au taux du marché.

Pourquoi les taux sur 25 ans sont-ils toujours plus élevés que sur 15 ans ?

Plus la durée est longue, plus le risque pour la banque augmente (incertitude sur l'avenir, risques de santé). De plus, l'argent est immobilisé plus longtemps, ce qui coûte plus cher à la banque en termes de refinancement. Le baromètre reflète cette prime de risque par un taux de prêt immobilier croissant avec la durée.

Comment le baromètre peut-il m'aider si je veux renégocier mon prêt ?

Le baromètre vous permet de comparer votre taux d'intérêt actuel avec les conditions du moment. On considère généralement qu'une renégociation est intéressante si vous observez un écart d'au moins 0,70 % à 1 % entre votre taux et celui du baromètre actuel, et si vous êtes dans le premier tiers de la durée de votre remboursement.

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