La FED baisse ses taux directeurs, une première depuis 2008

Mickaël Touré 01 Août 2019 14:00

Alors que la BCE a annoncé, il y a quelques jours, un maintien des taux bas, la FED (Banque centrale américaine) a baissé ses taux directeurs pour la première fois depuis 2008.

La FED baisse ses taux directeurs, une première depuis 2008Federal Reserve Board de Chicago/photo libre de droits

Incontestablement, la baisse des taux est le tube de l'été. Alors que le taux immobilier 2019 ne cesse de baisser, Mattéo Draghi, le patron de la BCE a annoncé le maintien de ses taux directeurs à des taux bas jusqu'au moins le premier semestre 2020. Alors que les Européens peuvent, par exemple, profiter de prêt immobilier sans apport, il semblerait que les États-Unis soient en passe de leur emboîter le pas.

Mercredi, c'est la Banque centrale américaine qui a, à son tour, annoncé une baisse de ses taux directeurs. Une première depuis 2008 pour l'institution américaine. Une décision avant tout motivée par des perspectives économiques mondiales peu réjouissantes et une inflation basse.

Une baisse de 0.25 point de base

Jérôme Powell, le président de la FED, a donc annoncé que l'institution américaine baissera les taux directeurs d'environ 0.25 point, ainsi, ils se situeront désormais entre 2% et 2.25%.

Après une hausse en décembre dernier, la décision à de quoi surprendre. Surtout qu'il s'agit de la première baisse des taux directeurs depuis 2008. Pourtant, elle est loin d'être une surprise pour les observateurs. Le patron de la FED avait déjà expliqué en juin que l'institution s'apprêtait à adopter une politique plus «accommodante».

Selon le président Powell, cette baisse sera ponctuelle. Il précise ainsi que « ce n'est pas le début d'une longue série de baisses des taux », écartant, de fait, l'hypothèse d'un « long cycle » de baisse. Il a, par ailleurs, motivé cette décision par trois raisons principales, à savoir : « réduire le risque » qui pèse sur l'activité, « soutenir la demande » et le « retour de l'inflation à 2% ».

Selon la FED, l'inflation (1,4 % en juin en rythme annuel) est trop atone et trop éloignée de son objectif annoncé de 2%. Cette décision est également motivée par «des risques externes » tels que les tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine. Il explique enfin que l'endettement des entreprises américaines pourrait également représenter un risque à moyen terme en accentuant un ralentissement économique éventuel.

Une économie américaine pourtant dynamique

Pourtant, au vu de la situation économique américaine, la baisse des taux n'apparaissait pas comme indispensable. Selon les propos même de Jérôme Powell, la situation économique américaine est saine. Au deuxième trimestre, la croissance est solide et atteint les 2.1% tandis que le taux de chômage est au plus bas depuis près de 50 ans (3.7%).

D'ailleurs, aucune décision ne fut autant contestée en interne depuis la prise de pouvoir de Jérôme Powell en février 2018. Deux membres du Fédéral Open Market Committee (FOMC), à l'origine de la baisse des taux, ont ainsi voté contre cette orientation. Esther L. George et Eric S. Rosengren, qui dirigent les antennes régionales de la Réserve fédérale à Kansas City et Boston se sont également ouvertement opposés à une baisse, arguant qu'au vu du contexte économique actuel elle n'était pas nécessaire.

 

Baisse des taux FED
Infogram

Infographie réalisée par BoursedesCrédits.com/ Source des données : Le Figaro/Féderal funds

De même, les déclarations de Jérôme Powell ne semblent pas avoir particulièrement convaincu les marchés. Mercredi, les principaux indicateurs de Wall Street ont fini en baisse, qu'il s'agisse du Dow Jones (-1.23%), du S&P (-1.09%) ou du Nasdaq Composite (-1.18%). Dans leur sillage, plusieurs chûtes ont pu être observées un peu partout à travers le globe, comme en Chine (-0.3% lors de l'ouverture de la bourse à Hong-Kong, -0.4% à Shanghai) et en Europe (Paris, Londres et Francfort ont démarré la journée de jeudi dans le rouge).

Derrière la FED, l'ombre de Trump

Ceci étant, le scepticisme n'est pas de mise partout. À l'intérieur des murs de la Maison-Blanche, le président Donald Trump peut être particulièrement satisfait de cette baisse. Depuis plusieurs mois, il ne cesse d'invectiver la FED et son patron, afin que l'institution se décide enfin à baisser les taux.

Dès lundi, Donald Trump se plaignait sur Twitter : « L'[Union européenne] et la Chine vont à nouveau baisser les taux d'intérêt et injecter de l'argent dans leurs systèmes, ce qui facilitera la vente de leurs produits. En attendant, et avec une inflation très basse, notre Fed ne fait rien – et va sans doute faire bien peu en comparaison. Dommage ! »

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